BRNS + Miët / vendredi 28 octobre 2022

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Concert

BRNSBelgique / Rock

22h15

1h

L’expérience est une arme à double tranchant. Après dix ans d’activisme aux avant-postes du rock indépendant, BRNS peut en témoigner. D’un côté, le groupe bruxellois s’est taillé une solide réputation. Que ce soit sur scène ou en studio, le trio bouscule inlassablement les certitudes, tout en dynamitant les frontières entre les genres. Au-delà des étiquettes et de vaines classifications, BRNS n’a jamais cessé d’offrir des alternatives. D’un autre côté, l’expérience accumulée au fil des tournées entraîne d’inévitables réflexes et nourrit un perfectionnisme tenace, toujours plus vorace.
À l’heure d’attaquer son quatrième album, BRNS s’est donc affranchi du passé pour explorer de nouvelles possibilités. Enregistré dans l’antre du Studio G, à Brooklyn, le nouveau ‘Celluloid Swamp’ s’est frotté aux idées éclairées de l’ingé-son Alexis Berthelot (Moses Sumney, Sunwatchers, Marc Ribot, Frank Ocean), avant d’être finalisé dans les décors verdoyants d’Outlier Inn, un refuge bucolique fréquenté par Big Thief, Solange ou Parquet Courts. Là-bas, les Bruxellois ont enregistré sur du matériel sophistiqué : synthétiseurs originaux et instruments de collection tapissent ainsi les moindres recoins du nouveau ‘Celluloid Swamp’. Fabriqué en trio, ce disque met également à l’honneur le timbre éthéré de Nele De Gussem, partenaire particulière et voix du morceau ‘Light Houses’.
Fruit d’un road trip new-yorkais de sept jours, l’album s’est érigé sans carte ni boussole : les neuf morceaux qui jalonnent le disque se sont dessinés dans l’instant et, surtout, à l’instinct. Dans un souci d’efficacité, BRNS s’est retranché derrière un processus créatif simplifié à l’extrême. Si le groupe file désormais droit au but, leurs compos ne sont jamais linéaires. Ici, chaque titre se distingue par ses reliefs et de nombreux contrastes. Entre climats délétères et puits de lumière, de multiples contrepoints fixent les bases d’un disque futuriste.
Réalisée en 3D par le plasticien Monsieur Pimpant, la pochette de ‘Celluloid Swamp’ explore une réalité parallèle : un monde imprégné de couleurs étranges et de bonnes ondes psychédéliques. Effort limpide et frontal, ‘Celluloid Swamp’ puise ses inspirations au cœur de la culture pop. Matières synthétiques, R&B et boîtes à rythmes accompagnent ainsi les envies électriques d’un groupe ouvert à toutes les expériences. Farouchement indépendant, BRNS met le cap sur des mélodies insouciantes et acidulées. Loin des plans aseptisés préconisés par une industrie musicale obnubilée par les algorithmes, la formation retrouve son âme et toute sa vitalité. C’est un retour en force, une véritable renaissance.

MiëtFrance / Rock Noise

21h

45 min

La solitude amène-t-elle à partir à la rencontre de l’autre ? Bien que toujours seule sur scène comme en studio, Miët exprime combien la découverte de l’altérité nourrit sa création, au point d’avoir choisi pour ce deuxième album un titre en allemand : Ausländer. Ce terme signifie pour la nantaise la magie d’un mot inexpliqué mais familier. Cet « étranger », ou plus exactement cet « autre » dont il est question, semble prendre l’apparence d’un personnage que l’on apprendrait à découvrir tout au long des dix titres de l’album.

On retrouve dans ce nouvel album de Suzy LeVoid ce qui constitue son leitmotiv depuis toujours : un rock abrasif aux fureurs jamais gratuites, un mélange de boucles sonores, de rythmes hypnotiques et de lignes de basses puissantes et distordues. Le chant occupe encore, et plus que jamais, une place centrale dans son œuvre. Sa voix révèle tantôt sa douceur et ses passions comme sur le poignant The Path, tantôt sa colère et sa rage sur I Belong to the Dead. Miët démontre une nouvelle fois sa facilité pour passer d’un registre à un autre, à s’adapter et à les faire siens. Ce deuxième album fourmille d’émotions multiples à l’image de cet Ausländer dont l’état est en perpétuel mouvement et le morceau introductif Ones nous annonce la couleur : «How could you see my face, when I have a million ones» (« comment peux tu voir mon visage puisque j’en ai un million»)

Moins minimaliste que le précédent Stumbling, Climbing, Nesting, Ausländer est d’une grande richesse, autant dans la composition que dans le travail d’écriture. Fortement inspirée par le travail de Walt Whitman, Miët, à l’instar du poète américain, utilise subtilement la répétition pour donner un caractère hypnotique à ses textes. Cette sensation d’hypnose est largement accentuée par l’enchaînement des boucles sonores, créant une perception de cycle infini et donnant ainsi naissance à une atmosphère quasi mystique.

Puis, il y a la basse, de longues traînées de lignes de quatre cordes qui s’enchaînent en boucle jusqu’à perdre la trace de son ton originel. Cette basse est dominante, écrasante parfois, souvent distordue par les nombreux effets utilisés. Miët parvient à repousser les limites de son instrument favori. La nantaise s’ouvre aussi dans son deuxième album à de nouvelles sonorités avec notamment l’utilisation à plusieurs reprises de synthétiseurs. Le dernier morceau de l’album The One that Loves, en est un bel exemple. Il surprend par son caractère introspectif et onirique.

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