Sofiane Saidi & Mazalda + Assmaha / jeudi 23 mars 2023

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Concert

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Musique, cinéma, arts visuels, littérature et débats, mais aussi football, gastronomie seront proposés dans le cadre de la saison algérienne par une grande variété d'acteurs culturels du territoire: 6PAR4,  bibliothèques, Atmosphères 53, Musée d'Art Naif et et d'Arts Singuliers, Maison de l'Europe, CRD, Stade Lavallois, librairies: une mobilisation tout azimuts qui témoignera de la richesse des contenus liés à ce pays avec lequel Robert Buron, notre ancien maire éminent, a courageusement établi il y a 60 ans une relation unique et historique.

 

Sofiane Saidi & Mazalda / Vent nouveau sur la musique maghrébine

22h15

1h

On croyait le raï définitivement retourné à ses origines communautaires, oublié du grand public et des aventuriers de la création musicale, mais à Pigalle, Sofiane Saidi, un chanteur, un vrai, débarqué, il y a longtemps de Sidi Bel Abbès, attend, chaque soir, que la nuit tombe pour rejoindre les étoiles (El Ndjoum). A gorge déployée, il leur chante l’amour, l’ivresse de  ses bonheurs ou l’abîme de ses frustrations et les étoiles lui sourient, comme les filles et les garçons, dont les yeux pétillent au son de sa belle voix grave, de ses mélismes aériens. Comme les cheikhs (vieux) ou les chebs (jeunes), il leur parle, sans détour en arabe dialectal, mais Sofiane craint aussi que le raï ait peu d’avenir, alors il essaye d’inventer autre chose. 

Lorsqu’il sent qu‘un partenaire possède du talent, de la profondeur, de belles convictions et que leurs intuitions communiquent, il n’hésite pas à partager l’aventure. A la toute fin des années 80, il croise la route des frères Sall, rappeurs peuls sénégalais baptisés Tukuleur. Au début des années 2000, le producteur électro d’origine marocaine berbère, Naab, l’entraîne sur son premier album. Ensuite, Sofiane pactise avec Ali Dragon, collectif dans lequel sévit notamment la section rythmique de Louise Attaque. Et sur scène ou sur disque, il n’hésite jamais à rejoindre ses potes tel le oudiste d’électro jazz, d’origine tunisienne Smadj. Un jour, il croise Natacha Atlas et la fameuse égyptienne, pionnière de la musique arabe de l’ère numérique, tombe sous le charme de la voix enfumée et sincère de Sofiane.  Elle l’invite sur scène et aussi sur un des albums à chanter en duo. Elle lui présente la cheville ouvrière de Transglobal Underground, le producteur Tim Wheelan avec qui Sofiane fait le grand saut et enregistre son premier album « El Mordjane » (le Corail). Ce premier manifeste artistique, suivi de concerts mémorables lui apportent un début de reconnaissance, renforcée par sa participation fulgurante à l’album « Musique de France » du duo électro à succès Acid Arab.

Pendant ce temps là, du côté de Lyon, Mazalda, une talentueuse bande de musiciens affranchis des frontières et des styles, se passionne pour le raï, celui de Rimitti, des premiers Khaled ou Mami, des productions inspirées et sulfureuses du producteur Rachid Baba Ahmed, second martyre du genre après Hasni. Avant ça Julien Lesuisse, Gilles Poizat, Stéphane Cézard, Yann Lemeunier, Lucas et Adrien Spirli ont monté le spectaculaire Turbo Clap Station, un système de diffusion de 50 haut parleurs, inspiré des rues indiennes, qui leur permet de muter de l’état de fanfare à celui de groupe live, en passant par celui de djs. Curieux, passionnés et virtuoses, ils articulent en un même élan kaléidoscopique, rythmiques afro beat, rock psychédélique, groove ethio-jazz ou funk actuel. Mais le raï, depuis longtemps, les taraude. Ils font d’abord équipe avec un cheb de Givors, mais l’histoire ne dure pas. Une voix bienveillante leur souffle de contacter Sofiane Saidi qui, intrigué, passe les voir, il est bluffé par leur enthousiasme, leur souplesse instrumentale et par la justesse éclairée de leur culture raï. Ensemble ils se montent un répertoire, qui à force d’invention devient inédit, les reprises laissant la place à des créations. De répétition acharnée, en concert extraordinaire, les morceaux se patinent, gagnent en efficacité ouvrent la route aux intuitions lumineuses. Au bout de trois ans, toutes les étoiles sont alignées, il est temps d’enregistrer, avec l’appui bienveillant de Julien Princiaux et de sa structure collaborative de production, Airfono. Entre le studio parisien « Question de Son » de Jordan Kouby (Hindi Zara, Imany, Anthony Joseph) et celui du mythique Lofti Attar de Raïna Raï à Sidi Bel Abbès, une dizaine de morceaux sont mis en boîte, en quelques semaines intenses. Huit sont finalement conservés, qui coulent de source, brillent de mille feux et réaniment une étoile que l’on croyait éteinte : le raï. A la fois fidèle à son esprit rebelle et ivre d’amour, entièrement rénové, désintoxiqué des scories inutiles et superficielles, dont il s’affublait depuis un moment. Avec El Ndjoum le raï est de retour, Sofiane Saidi est son nouveau roi, Mazalda ses nouveaux hérauts. (Benjamin Minimum)

Assmaha / Musique traditionnelle algérienne

21h

1h

Créer en 2012,  commémorant ainsi le 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, « ASSMAHA » est né de passion, d’envie et de mémoire. À l’initiative de Leila Bounous, accompagnée de Samir Aouad (Oud) et de Bachir Rouimi (Percussions), ce projet, beau et sincère, est dédié aux néophytes, aux nostalgiques, aux exilés, aux voyageurs. Il nous renvoie aux sources d’un patrimoine tout entier et d’une histoire encore méconnue.Un répertoire musical typiquement Algérien : Arabo-Andalous, Judéo-arabe, ou encore franco-Algérien, reflétant ainsi toutes les influences, culturelles, religieuses, géographiques, ethniques et coloniales qui font la richesse et toute la diversité de la musique algérienne d’hier et d’aujourd’hui.1930-1990.
On y retrouve donc ces chants d’exils, de révoltes, de nostalgie en passant par le grand Lili Boniche, à la célèbre Rose Algérienne, Warda El Djazaira…
Des chants de femmes, pour la plupart des chansons du projet, pour la reconnaissance de la gente féminine dans le paysage musical et révolutionnaire algérien.
Ces femmes qui donneront naissance à l’effigie du projet, que l’on nommera « ASSMAHA » (écoute la).