Fakear

Fakear

Electro - France

Quand il a quittĂ© le canton montagneux de Vaud, en Suisse, l’annĂ©e dernière, Fakear n’imaginait pas que son univers musical serait ainsi chamboulĂ©. Il est encore ce jeune homme Ă©lancĂ© qui vit en t-shirt blanc XL et fait des rĂ©fĂ©rences geek au milieu de ses phrases. Mais un parfum neuf flotte sur Everything Will Grow Again (dont le premier single, « Carrie », sort le 17 avril prochain), son troisième long-format. Fakear y fusionne les styles avec une Ă©paisseur nouvelle, tend des perches Ă  Mount Kimbie, Floating Points et Jon Hopkins et s’amuse des accidents sonores de ses synthĂ©s modulaires.

 

Six annĂ©es le sĂ©parent du succès planĂ©taire de « La Lune Rousse », de ses premiers EP’s aux influences orientales publiĂ©s sur Nowadays Records et de ces voix saccadĂ©es et vives qui ont façonnĂ©es la « patte » Fakear. Devenu l’un des ambassadeurs des « bedroom producers » français, dans la lignĂ©e de Flume, Fakear s’est retrouvĂ© Ă  jouer aux cĂ´tĂ©s de monolithes tels que M.I.A. et Bonobo. Sur la route du succès, le jeune homme estime ne pas avoir toujours pris les bons raccourcis.« Mon dernier album Ă©tait trop pop, analyse-t-il aujourd’hui. Depuis j’ai arrĂŞtĂ© d’Ă©couter cette vague d’Ă©lectro qui, Ă  l’image d’Odesza, a bifurquĂ© vers l’EDM. »

 

Une fois sorti de son isolement près de Lausanne, d’oĂą il avait composĂ© Ali Glows (2018), Fakear vient chercher un second souffle sur les bords du canal Saint-Martin, « pour retrouver l’effervescence urbaine et recommencer Ă  faire la fĂŞte ». Ce temps parisien lui offre une respiration fĂ©conde. « Ă€ peine les cartons dĂ©ballĂ©s.je me suis laissĂ© dix jours en sous-marin pour composer le squelette de l’album. » Jusqu’Ă  prĂ©sent, il avait toujours composĂ© par Ă -coups, un rythme de travail qu’il juge, avec du recul, « frĂ©nĂ©tique » et « dĂ©sorganisĂ© ». « Cette fois, dès qu’une inspiration me venait, je prenais le temps de faire des pauses. Tout l’album a Ă©tĂ© produit avec le dernier Zelda en toile de fond pour ne pas me disperser. »

 

Sur son bureau, une figurine du jeu et d’autres rĂ©fĂ©rences Ă  Star Wars. Une passion pour l’univers SF qu’il partage avec celui qui a collabo’rĂ© sur l’Ă©criture d’Everything Will Grow Again, !’Anglais Alex Metric, vĂ©ritable « coup de foudre amical et artistique ». Fakear s’est enfermĂ© avec ce producteur gĂ©ant, qui a travaillĂ© avec les Daft Punk, Diplo ou Avicii, dans son studio londonien. SurnommĂ© « batcave » en rĂ©fĂ©rence Ă  Bâtman. « Il y avait des câbles dans tous les sens, il fallait enjamber des machines et taper dessus pour quĂ© ça marche. C’est lĂ  que je me suis rendu compte de l’importance des machines analogiques ». Jusqu’ici, ses productions Ă©taient composĂ©es surtout de plug-in prĂ©enregistrĂ©s qu’il remettait en ordre avec une MPC une fois sur scène.

 

Le murmure des synthĂ©tiseurs Jupiter-8 et le Matrix est omniprĂ©sent sur les 11 plages de l’album. Son Ă©ternelle communion avec la nature, d’oĂą il puise son inspiration depuis ses dĂ©buts, et ses accords acoustiques typiques du style. Fakear se retrouvent encore sur des titres comme « Together » ou « Sekoia ». Tout un pan de l’album est rĂ©solument oriente club, avec « Structurized », et s’ouvre sur un monde de nappes analogiques proches de Mount Kimbie ou Moderat dans « Linked ».

 

L’installation qu’il a prĂ©vu pour ses performances live, mĂ©lange de LED, de machines et de totems succède Ă  son prĂ©cĂ©dent format concert oĂą il Ă©tait entourĂ© de musiciens. Manière de revenir un exercice solitaire, plus club, qui illustre la croisĂ©e des chemins dans laquelle se trouve Fakear avec Everything Will Grow Again. Comme l’indique ce titre, l’album Ă©voque un espoir presque post-apocalyptique, celui qui veut que, peu importe les Ă©vĂ©nements ou la souffrance, toute chose se renouvelle, Ă©volue et retrouve l’Ă©quilibre.

 

En arabe, le mot « fakir » recouvre le champ lexical de la pensĂ©e et de la sagesse. Au pays d’un Fakear que le temps a fait mĂ»rir et qui « n’a plus envie de suivre les modes », les frontières viennent de s’Ă©tendre Ă  de nouveaux territoires Ă©lectroniques, dont ce quatrième album est la profession de foi. Une poursuite de ses harmonisations, plus sincère, avec un tissu technique plus robuste, « un vrai virage », selon le jeune homme de 28 ans, qui travaille dĂ©jĂ  Ă  une suite tout droit sortie des cartons d’un Floating Points et de la galaxie des producteurs anglais post-dubstep.

Samedi 6 Mars

20h30 - 1h / 6PAR4

 

 


Tarifs

Abonnés :  20 €

En location : 22 €

Sur place : 24 €

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